J'habite ici

J'affiche

CREATION MARS 2021

Note d’intention

 

Dans le contexte actuel

Ses lourdes contraintes et ses empêchements

Il est important de résister

Il est important de se retrouver

On ne peut pas se résoudre à enterrer tout le travail des uns et des autres à cause des bises brunes de l’arbitraire viral contemporain

Parce que

Il faut faire entendre ces paroles livrées librement et jouer de nos lumières propres

Il faut tenir ces endroits de poésie et ne pas les laisser mourir pour des raisons d’asepsie

Il faut nous rassembler

Communiquer

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C’est tellement nécessaire

Tellement nécessaire de montrer ces sourires qui permettent le dialogue avec cet « Autre » à peine rencontré

Avec qui on a construit un moment artistique singulier

Cet « Autre » qui paraissait lointain mais avec qui on a inventé la musique d’un dialogue serein dans toutes les langues de nos différences

Oui 

Se rassembler

Ouvrir des fenêtres poétiques

Nous avons tous besoin d’air

Ouvrir régulièrement nos fenêtres est indispensable pour la santé nous dit-on…

 

Christophe PIRET
 

Un bref historique 

 

A l’origine de cette initiative, le spectacle-processus « J’HABITE ICI ». 

Interactif et pluridisciplinaire, il est créé avec des habitants des quartiers prioritaires de la ville de Maubeuge. Ce spectacle a pour ambition de faire émerger les paroles, de les mettre en lumière, d’en chercher la poésie et l’héroïsme ordinaire. Il se construit peu à peu, à partir de rencontres et d’échanges, en s’appuyant sur le réseau institutionnel, associatif et humain qui maille ces territoires. 

De ces échanges naissent tout d’abord les « CARTES POSTALES VIDÉO ». Elles saisissent les paroles des habitants au travers d’interviews dans des environnements ordinaires dans lesquels ils ont choisi de se présenter et s’exprimer. En parallèle, cette étape donne aussi lieu à une captation d’images. 

Les « CARTES POSTALES VIDÉO », sont réalisées pour être diffusées pendant le spectacle et en marge, à l’orée des représentations du spectacle. 

La réalisation de la phase finale du projet « J’HABITE ICI #1 » (2020), qui devait aboutir par une (ou deux) représentation(s) les 17 et 18 décembre 2020, n’a pu se concrétiser en raison du contexte sanitaire. 

Ce temps fort est reporté, dans l’espoir d’une amélioration de cette crise sanitaire, à début 2021. 

Suite à cette impossibilité de jeu, le Théâtre de Chambre a mené une réflexion pour arriver à la proposition d’un projet artistique intermédiaire et encore inédit sur le territoire. 

Dans l’attente d’une période à nouveau favorable, il s’agit, en urgence, de continuer à faire exister le processus engagé, à travers la création d’affiches disposées sur les murs de la ville, de mettre en valeur des habitants volontaires, leurs paroles et les quartiers dont ils sont issus, dans lesquels ils vivent ou ont vécu.

 

Ces portraits d’habitants et ces extraits de paroles recueillis, exposés au travers d’un affichage urbain, permettront de franchir les frontières locales symboliques et de rendre visible ce travail le plus largement possible en les disposant sur les murs de la ville. 

Une mise en valeur poétique et une visibilité accrue de ceux qui constituent nos voisinages. 

Une invitation au dialogue, à l’élargissement de nos horizons.

 

Une manière de faire exister sur le territoire cette parole recueillie auprès des habitants, dans l’attente qu’elle s’exprime enfin sur scène.

 

Un projet singulier décliné pour chaque territoire et contexte

 

Au fil de cette étape de réalisation, les affiches au sein du projet « J’habite ici » sont devenues un concept en soi, que nous voulons aujourd’hui présenter comme un projet à part entière et proposer à d’autres partenaires sur d’autres territoires.  

 Essayer de créer une dynamique d’échanges, de rencontres, dans des quartiers où la circulation des personnes et les mobilités de dialogues sont moindres. S’intéresser aux « cultures » individuelles ou collectives. Derrière ce projet, toujours le même désir, la même nécessité de rencontrer des habitants d’ici et d’ailleurs, de construire avec eux. C’est à partir de ces matières que nous dessinons des « portraits », des esquisses de regards croisés, des espaces instantanés. 

 

Une occasion de regarder un temps suspendu, créant au-delà un espace de dialogues où nous traversons toutes frontières. Des voyages solitaires et des histoires singulières qui deviennent un lieu commun. Donner de l’écho aux problématiques et participer à la reconstruction de l’estime de soi, au sentiment d’habiter pleinement quelque part et de n’être pas quantité négligeable. Une ouverture qui amène à la découverte. 

 

Il s’agit de chercher la poésie derrière les ombres et les empêchements, jouer du vecteur de l’art et réinventer des espaces. 

 

 L’art n’apporte pas de réponse, mais nous permet de nous questionner. Les habitants peuvent y trouver un nouveau souffle, avoir une perception nouvelle de ce qui les entoure, un nouveau regard sur l’Autre, sur eux-mêmes : le fil du projet invite à construire ou reconstruire. 

 

Nous proposons d’exposer les portraits des participants et des extraits des paroles recueillies au travers d’un affichage urbain. Les endroits seraient déterminés après une concertation de nos partenaires, à la fois dans les quartiers où vivent les « acteurs » du projet, mais également dans les centres villes, au recoin d’une ruelle, là où le regard d’un(e) inconnu(e) se dépose et voit apparaître l’Autre. 

 

Dans la ville concernée par le projet (et, dans une moindre mesure, d’autres villes de l’agglomération), de grandes photos (1,50m x 2,30m) d’habitants ayant participé au projet, seront visibles, sous forme de triptyque composés chacun de trois affiches associées : 

 

- une photographie d’un(e) habitat(e)/participant(e)

- un extrait du texte issu de notre travail commun

- un horizon singulier cher à ce(tte) participant(e)

 

La totalité représente une affiche de 4,50m de longueur sur 2,30m de hauteur.

 

Ainsi les passants, réguliers ou occasionnels, se rendant à l’école, au travail ou en promenade… pourraient s’arrêter quelques secondes, s’interroger, lire le texte, commenter et peut-être avoir envie de se renseigner sur le processus, qui continuera de se construire au fil de la saison à venir … Les textes (extraits des interviews des personnes représentées) peuvent être modifiés, les vis à vis des portraits (horizons) également.